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 Interview de Pacotille : "un rap apolitique, une antino

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Nawal
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PostSubject: Interview de Pacotille : "un rap apolitique, une antino   Sun 27 May - 11:35



« On doit se démarquer du rap américain, nos valeurs sont très différentes »


Présent au festival du Loog le week-end dernier,
Pacotille revient sur son dernier album « taxi du Rouss », ses projets et l’évolution de sa musique.


Qu’est ce qui a changé dans votre dernier album par rapport à vos productions précédentes ? Comment votre musique évolue t-elle ? Qu’est ce que vous avez voulu faire ?

C’est mon meilleur produit. Je l’ai sorti sous le label
de Youssou Ndour. L’album se vend très bien par rapport aux éditions précédentes et se distingue par sa maturité musicale. On a réalisé un vrai travail avec les musiciens, ils ont une place beaucoup plus importante que dans le passé. On a fait une bonne promotion aussi avec une tournée du Sénégal qui a duré 4 à 5 mois puis en Europe et on va y retourner.


Sur quels thèmes construisez-vous vos chansons aujourd’hui ?

Au début tous mes thèmes étaient sur la politique, la
gestion du pays on incitait les gens à se révolter, on était trop… (il hésite) engagés politiquement. Après, j’ai eu d’autres choses à dire, d’autres réalités plus internationales. On ne peut pas continuer à ne parler que du Sénégal, de la gestion du pays…


Mais vous parlez toujours de ces problèmes ?

Non, j’en parlais. Quand je fais quelque chose, tout le
monde suit. Quand j’ai commencé à parler de la politique, à parler crû avec les gens… des paroles vraiment crues (il insiste), tous les rappeurs ont fait cela. Je me suis donc dit que je devais aborder d’autres choses. Aujourd’hui je parle d’amour de trahison, de justice, de paix. Je suis devenu beaucoup plus sage, plus mature…ce qui a poussé les gens à m’aimer encore plus.


Mais vous êtes toujours critique envers le système politique au Sénégal ?

Oui, mais d’une autre manière. Je ne suis plus vulgaire, mon rap n’est plus seulement blessant mais ce sont des
paroles qui touchent. Par exemple quand je parle à un gars chez moi, je ne vais pas lui dire « tu es un vaurien va travailler » mais « lève-toi, tu es un battant ». Et quand je vois un dirigeant qui fait mal son boulot, je ne vais pas lui dire « tu es un voleur » mais plutôt : « cette population, elle t’as choisie, il faut l’aider ». Par exemple, le président m’a appelé pour discuter. J’ai fait campagne avec lui parce que son travail me plaît, il m’a reçu au palais et nommé ambassadeur auprès de la jeunesse parce qu’il sait qu’elle m’écoute. Il m’a dit : « sois mon relais auprès des jeunes ». Au début on était les
petits rappeurs, mais c’est vrai que depuis la transition l’on a pris une autre dimension.


Pourtant vous critiquiez ouvertement le président dans vos premiers albums ?

C’est vrai mais j’apprécie l’homme aujourd’hui. Il veut
construire des universités, il dit aux jeunes de croire en eux ! D’être fier d’être sénégalais et de vouloir rester dans son pays. Ça sert à quoi de partir sans aucune formation ? C’est en ayant une qualification
que l’on pourra faire quelque chose.


Pour vous, la situation a donc changé depuis la fameuse évocation de « jeunesse malsaine » d’Abou Diouf en 1999 ?

C’est sûr ! Car ce sont les rappeurs qui ont fait le
changement. Aujourd’hui, il ne peut pas y avoir de manifestation musicale sans rap. A la télé, on en voit tous les jours et à la radio c’est pareil. Ils ont compris que nous sommes des gens conscients, pas seulement des voyous comme les Américains, mais des musiciens et des
professionnels qui ont des choses à dire pour faire avancer la société. Le problème c’est que malgré le nombre et la qualité des rappeurs au Sénégal, il manque de structures. Il n’est pas facile de vendre ses cassettes, encore moins de les produire.


Et vos objectifs à venir ?

Tout faire pour dépasser le Mbalax. Pour ça, il faut
aider les jeunes, développer le rap. Et cela passe par des structures et des moyens pour les jeunes. C’est ce que je m’emploie à dire. Ils sont bons mais si tu n’as pas quelqu’un derrière, il est difficile de percer. Il faut des studios, des managers, des promoteurs.


Le rap Sénégalais, comment pouvez-vous le définir par rapport à la mouvance internationale ?

On s’est démarque beaucoup du rap américain, nos
valeurs sont très différentes. Eux évoquent la drogue, le sexe, l’argent et les flingues. Ils ne parlent que de ça. C’est désolant.
Nous avons nos réalités propres, l’amour, l’injustice, l’amour, la misère parfois... Nos réalités ne sont pas les mêmes.


Par Mathieu SETTE | SUD QUOTIDIEN | 24 mai

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